La Loi sur les compétences et les difficultés des traducteurs débutants

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Dans un billet précédent dans le groupe de discussion de l'ATAMESL, il a été question des difficultés auxquelles se heurtent les traducteurs en début de carrière. Il ressort qu'à moins d'avoir deux ou trois années d'expérience, les débutants dans notre métier ont du mal à trouver un emploi auprès des cabinets et des agences.

La raison est la suivante : il faut compter deux ans (travail à temps plein) avant qu'un traducteur devienne complètement autonome, c'est-à-dire qu'il maîtrise les outils et manie sans problème majeur la terminologie du ou des clients du cabinet.

Le débutant se trouve devant un obstacle majeur. L'université donne une bonne formation certes, mais les enseignants ne peuvent pas suivre l'évolution de notre marché et de ses exigences (sauf peut-être dans les programmes de coopération). Cette évolution s'accélère, on le voit bien. Les enseignants, si près du marché de la traduction soient-ils, doivent proposer des cours au comité de programme de leur département, qui doit les accepter et les mettre en place dans un milieu syndical, une procédure laborieuse on le voit bien... et les changements se poursuivent entre-temps sur le marché de la traduction.

D'autre part, le cabinet, dont la motivation première est de faire des profits (sans quoi il mettra la clé dans la porte) n'a souvent pas les moyens d'offrir le soutien nécessaires pendant les deux premières années et, s'il les a, il hésite peut-être à le faire, craignant que les traducteurs aussitôt formés le quitteront pour de meilleurs cieux. Les traducteurs qui ont la chance d'être embauchés par de gros cabinets à la fin de leurs études ou plus tard dans leur carrière doivent toutefois savoir que toute société dont la masse salariale est supérieure à un million de dollars peut se prévaloir de certaines possibilités en vertu de la Loi sur les compétences. Toutefois, cette société doit investir, au cours d’une même année civile, l’équivalent d’au moins 1 % de cette masse salariale dans des activités de formation visant le développement des compétences de son personnel.

Cet argent, s'il est administré par des gestionnaires compétents dans le cabinet, peut aider les traducteurs débutants à se perfectionner et à atteindre le niveau de compétence dont celui-ci a besoin pour maintenir ou augmenter sa rentabilité. En retour, les traducteurs doivent s'engager à donner le meilleur d'eux-mêmes. On voit ici un bel exemple de conflit potentiel de valeurs (les valeurs de l'entreprise et les valeurs personnelles du traducteur)... un conflit qu'il est possible de résoudre.


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